INTERVIEW DE GÉRARD BOISSIERAS – DIRECTEUR DU CCAS ET DE L’ÉPICERIE SOLIDAIRE D’ARTIGUES-PRÈS-BORDEAUX

par | 25 mai 2021

Suite à notre collecte de produits alimentaires et non-alimentaires à destination de l’Épicerie Solidaire d’Artigues, nous sommes allés à la rencontre de son fondateur. Un temps d’échange constructif et grandement enrichissant, qui nous a permis de connaître davantage le CCAS ainsi que l’épicerie solidaire. 

Interview entre Monsieur BOISSIERAS (Directeur du CCAS et de l’Epicerie Solidaire d’Artigues) et Inès (chargée de communication chez Agap’pro).

Pourriez-vous nous parler un peu de vous…

Je m’appelle Gérard Boissieras, je suis directeur du CCAS de la ville d’Artigues-près-Bordeaux, mais aussi fondateur de l’Épicerie Solidaire.

Mon parcours a débuté par une formation dans le travail social en tant qu’éducateur, puis une formation dans la gestion de structure. Je travaille maintenant depuis une quinzaine d’années dans la fonction publique territoriale, c’est-à-dire pour les Mairies, en tant que gérant des services sociaux municipaux.

Je suis arrivé sur la commune d’Artigues-Près-Bordeaux en août 2016 pour prendre la direction du service action social de la commune, avec pour mission urgente et principale, de mettre en place une épicerie solidaire à la demande des élus. Cela a donc été ma première mission ; créer ce nouveau service social de A à Z et très rapidement.

De ce projet, il n’existait rien hormis les locaux qui avaient été remis en état. Il fallait donc écrire le projet, chercher des fournisseurs pour les stocks, agencer le lieu, acheter du matériel, mobiliser les équipes, etc. Il fallait surtout définir le fonctionnement de l’épicerie pour recevoir les bénéficiaires. Nous avons aussi eu un gros travail administratif, car il y a des échanges d’argent dans l’épicerie, nous devions donc créer une comptabilité.

C’est 4 mois plus tard en décembre 2016, que le Comptoir-Épicerie Solidaire de la ville d’Artigues ouvrira ses portes.

Pourriez-vous nous parler du CCAS d’Artigues-Près-Bordeaux ? Quel est l’objectif du CCAS au sein de la commune ?

Le CCAS (Centre Communal d’Actions Sociales) est un service qui existe dans toutes les communes de plus de 5 000 habitants. C’est un service municipal qui est dédié à l’action sociale dans le sens large du terme.

À Artigues, nous sommes 9 personnes. Les agents du CCAS ont chacun une spécialité. Notre équipe est composée de deux éducatrices qui sont travailleurs sociaux, une personne référente des seniors, une personne en charge de l’épicerie, un chauffeur qui transporte les personnes âgées, un livreur de repas et trois personnes pour la partie administrative.

On reçoit en moyenne sur l’année, entre 400 et 500 personnes en accueil physique, au téléphone c’est beaucoup plus. Nous n’accompagnons pas ces 500 personnes bien sûr, on les oriente vers les services spécialisés.

On gère également les logements sociaux et en ce moment, il y a beaucoup de demandes ; environ 150 demandes en attente avec des dossiers assez lourds et des problématiques de logement assez complexes.

On y accueille tous types de publics :

  • Des familles avec enfants
  • Des familles monoparentales
  • Des personnes seules
  • Des seniors

Le rôle du CCAS est de pouvoir accompagner ces personnes sur tous les plans :

  • Difficultés financières
  • Problèmes de santé
  • L’accès aux droits (démarches auprès de la CAF, de la sécurité sociale, des mutuelles de santé)
  • Isolement
  • Etc.

L’objectif du CCAS au sein de la commune est donc de proposer un accompagnement social pour les personnes en difficultés, mais aussi de nombreux services sociaux et d’aides à la personne. C’est un lieu de discussion, de partage et d’entraide.

Le CCAS est ouvert à tous ! Nous sommes là pour aider les personnes dans les démarches de la vie quotidienne. L’appellation « vie quotidienne » peut regrouper beaucoup de choses ! Un CCAS ne peut pas tout faire, mais il peut aussi orienter, par exemples pour des questions spécifiques.

Vous pouvez alléger les charges des bénéficiaires pendant quelques temps ? Les aides financières que vous accordez sont ponctuelles ?

Exactement, nous pouvons aider financièrement les familles pendant un certain temps, afin que celles-ci retrouvent une stabilité budgétaire et faire en sorte qu’il n’y ait pas trop de dettes qui s’accumulent. Nous allégeons les charges mensuelles sur une durée déterminée. Ces aides sont reversées après une évaluation sociale.

Les aides sont donc ponctuelles, par exemple nous pouvons payer pendant plusieurs mois la cantine scolaire, les factures d’énergie ou le loyer.

On peut également aider par le biais de l’épicerie afin que les familles puissent se nourrir convenablement. On sait que le budget nourriture pour une famille peut vite être conséquent.

Les séniors représentent-ils un public important au CCAS ? Comment les accompagnez-vous ?

Oui les seniors sont une part très importante du CCAS. C’est une population qui a énormément besoin de nous, pas forcément pour les mêmes raisons que les autres publics, bien que nous ayons des seniors en précarité. Ils ont surtout besoin de notre soutien pour le maintien à domicile, pour des questions de préventions, mais aussi de santé. Nous agissons pour qu’ils puissent rester le plus longtemps chez eux.

On organise également du portage de repas à domicile pour ceux qui ne cuisinent plus et sont vraiment isolés.

La période que nous vivons est particulièrement dure pour les seniors, car ce sont des personnes assez vulnérables. Depuis un certain nombre de mois, on est particulièrement attentifs à l’isolement.

Nous avons mis en place avec des bénévoles, des appels téléphoniques toutes les semaines (pour ceux qui le souhaitent) afin de garder un lien de proximité et qu’ils ne se sentent pas seuls. Cela représente environ 150 personnes.

Nous faisons également de la visite à domicile simplement pour discuter, mais aussi faire des ateliers individuels. Nous avons une personne qui vient faire des massages, un coach sportif spécialisé pour les seniors et une actrice qui vient faire des lectures contées. Nous avons pu mettre tout cela en place grâce aux caisses de retraite et au département de la Gironde.

Nous espérons pouvoir faire des activités extérieures très prochainement avec nos seniors directement dans le parc du CCAS.

Quels sont les projets futurs pour le CCAS d’Artigues ?

On est en train de mettre en place un projet de solidarité numérique, car on s’aperçoit que tout le monde n’a pas le même niveau face à un ordinateur et ce n’est pas une question d’âge !

Nous allons ouvrir des points relais, des points d’accueil pour aider les personnes à faire toutes leurs démarches en ligne. L’idée n’est pas de le faire à leur place, mais vraiment de les accompagner pour qu’ils soient autonomes par la suite. Il est primordial aujourd’hui de pouvoir utiliser un ordinateur vu que tout se digitalise.

Il est également possible de trouver des financements pour l’acquisition d’un ordinateur.

Pourriez-vous nous raconter l’histoire du Comptoir – Épicerie Solidaire ? Comment fonctionne cette épicerie ?

L’épicerie solidaire a ouvert en décembre 2016 et s’est étoffée au fil des années. L’objectif de l’épicerie est de proposer de nombreux produits à prix très réduits, en libre accès aux personnes qui sont dans le besoin.

Il n’y a pas de critère d’âge, toute personne peut venir à l’épicerie après la réalisation d’une évaluation sociale sur la situation du bénéficiaire. Bien entendu, les bénéficiaires sont des personnes qui rencontrent des difficultés et principalement financières. C’est le travail de l’assistante sociale d’apporter cet éclairage.

Nous avons un système de reste à vivre, c’est-à-dire qu’on calcule les ressources et les charges fixes de la famille, ce qui donne un reste à vivre par jour et par personne.

Si le reste à vivre de la famille est entre 0 € et 8 € par jour/personne alors ils ont directement accès à l’épicerie. Pour ceux qui ont un reste à vivre plus élevé, nous réalisons une commission pour évaluer anonymement la situation et pour valider ou non l’accès à l’épicerie. Un reste à vivre de 8 € par jour/personne, c’est très faible et c’est pour cela que nous les aidons très rapidement, car nous ne pouvons pas attendre que la commission accepte le dossier.

Le Comptoir est réservé aux habitants de la ville d’Artigues, car c’est un service communal. Bien sûr, il y a d’autres épiceries solidaires dans la métropole de Bordeaux, quand nous avons des demandes de personnes ne vivant pas sur la commune, ils sont redirigés vers les CCAS/Mairies de leurs lieux de vie.

De quelle manière vous approvisionnez-vous ? Avez-vous un budget annuel à respecter ?

 Nous nous approvisionnons de différentes manières ; on nous fait des dons, nous achetons aussi au supermarché, pour les produits frais nous avons des maraîchers et nous récupérons également à la banque alimentaire certains produits.

Nous prenons très peu de choses à la banque alimentaire, car ce sont des produits avec des DLC très courtes, nous n’achetons pas de frais là-bas mais surtout de l’épicerie.

Pour les produits frais type fruits et légumes, on essaie de passer en circuit court avec les maraîchers. Et pour le frais en supermarché avec nos fonds propres.

L’approvisionnement c’est toujours complexe, car l’épicerie fonctionne avec un budget limité qu’il faut tenir toute l’année. Chaque année nous ne maitrisons pas totalement le nombre de personnes que nous allons accueillir, c’est donc compliqué de faire des prévisions. Ce n’est pas toujours évident de s’approvisionner avec des bons produits et une gamme large en faisant attention au budget.

Le budget est fixé par la mairie et moi-même. Actuellement, nous avons un budget de 20 000 € pour l’année qui sert à l’achat des denrées.

Votre volonté première c’est donc de proposer des produits variés ?

Contrairement à du don alimentaire classique où l’on fournit un panier repas ou un sac déjà rempli avec des produits, à l’épicerie les bénéficiaires doivent avoir le choix des produits !

Quand j’ai créé l’épicerie mon but était de proposer un lieu différent, où il y a une diversité, d’être attentif à la qualité des produits et également de donner la possibilité de participer financièrement ou en donnant un coup de main. Nous ne souhaitons pas être dans l’assistanat pur, mais un soutien dans leur vie quotidienne sans les priver de ce droit qui leur est accordé.

J’avais déjà créé une épicerie solidaire là où je travaillais auparavant, cela faisait partie des premières épiceries qui poussaient au niveau de la gironde (6/7 à l’époque).

Ce qui m’intéressait dans le concept des épiceries solidaires, c’est une nouvelle forme d’alimentation solidaire, qui respecte la dignité des personnes et qui est complémentaire avec la distribution alimentaire, celle-ci a toujours du sens, il ne s’agit pas d’être en concurrence, c’est-à-dire qu’une tranche de la population ne fréquente pas la distribution alimentaire alors qu’ils en auraient besoin.

Par expérience, j’ai rencontré des personnes me disant « je ne peux pas m’abaisser à aller à la distribution alimentaire par rapport à mes enfants, mes voisins, ma famille, moi-même. C’est une question de dignité. Je préfère manger des pâtes ou des pommes de terre tout le mois que d’aller à la distribution alimentaire ». En tant que travailleur social, cela constitue un problème d’entendre ça.

L’épicerie nous a permis de toucher des familles qu’on ne touchait pas avant, néanmoins, on continue à faire des colis alimentaires d’urgences (gratuits) car des fois, il n’y a plus d’argent en fin de mois et il est hors de question de dire « On ne peut rien pour vous, désolé ».

Combien de bénéficiaires avez-vous ? Quel est le budget (moyen) alloué mensuellement ?

En moyenne par an, nous avons 15 familles, ce qui représente entre 120 et 150 personnes.

Nous avons peu de « grosses familles » généralement, ce sont des familles avec 2 enfants, mais aussi beaucoup de familles monoparentales en précarité (60% de nos bénéficiaires).

Nous avons également des personnes seules qui sont dans le grand besoin, ne touchant pas d’aides de la CAF contrairement aux familles avec enfants.

Concernant le budget cela dépend bien sûr de la taille de la famille, plus le reste à vivre est faible, plus le budget est élevé.

Par exemple, pour une famille de 4 personnes avec un reste à vivre très bas (5 € par jour/personne) nous lui accordons 51 € de budget mensuel à dépenser dans l’épicerie. Cette somme semble réduite, pourtant 51 € au Comptoir représente environ 400/450 € de courses en supermarché traditionnel. Nous pouvons proposer ces prix car, nous revendons entre 10 % et 30 % du prix marchand.

Chaque mois, les compteurs sont remis à 0. Les bénéficiaires peuvent dépenser moins s’ils le souhaitent, mais ils ne peuvent pas dépenser plus.

L’épicerie n’est pas donnée à vitam aeternam. Quand nous y autorisons l’accès, le bénéficiaire peut y venir pendant 3 mois et cette période est renouvelable 2 fois dans l’année (au total, nous pouvons accorder jusqu’à 9 mois). Après cette période, nous essayons de suspendre l’accès à l’épicerie, mais nous avons des personnes qui sont malheureusement revenues quelques mois ou années plus tard…

En moyenne, en combien de temps voyez-vous une évolution de la situation ?

L’épicerie est bien sûr présente pour subvenir aux besoins alimentaires, mais il y a aussi un accompagnement social qui est fait. Les bénéficiaires sont accompagnés pour que leurs situations changent et surtout évoluent positivement.

L’objectif de l’épicerie n’est pas « d’assister » mais bien de stabiliser les situations.

En moyenne, nous voyons une évolution sur 6 mois en fonction de la problématique. 3 mois, c’est un peu court à part si c’est une situation facile à gérer. Nous savons que les délais administratifs sont longs, une situation ne se gère pas du jour au lendemain.

Comment avez-vous ou gérez-vous encore la crise sanitaire du COVID-19 à l’Épicerie Solidaire ?

Il y a un an, pendant le premier confinement, nous avons complétement dépassé notre capacité d’accueil. Nous avions entre 50 et 55 familles bénéficiaires, ce qui représente environ 250 personnes.

Le premier confinement a été très dur pour certaines familles dû à l’arrêt brutal du travail et du fonctionnement économique. Beaucoup se sont donc tournés vers nous et nous ne pouvions pas les laisser sans rien. Cela a été un peu compliqué pour nous en termes d’approvisionnement, heureusement que nous avions des stocks ! C’est ce qui nous a permis d’être réactifs face à cette situation inédite.

Quelles sont les thématiques importantes pour vous et comment envisagez-vous l’évolution de l’épicerie ?

Nous avons développé un petit coin dans une pièce annexe de l’épicerie, qui a pour but de permettre aux bénéficiaires de se rencontrer, de partager un moment convivial et surtout d’échanger. Cela fait partie des besoins premiers de rencontrer du monde, ne pas être isolé surtout quand on est dans une situation difficile. On reçoit beaucoup de personnes seules, âgées ou non.

L’épicerie, c’est aussi un lieu de rencontre et de partage !

Depuis 1 an cette salle est malheureusement fermée à cause du COVID, mais nous avons hâte de pouvoir réouvrir pour proposer des ateliers : cuisine, consommation, coiffure (une coiffeuse est venue gratuitement pour donner des conseils et coiffer), des sorties familles, etc. Ces activités sont indispensables et complémentaires à ce que l’Épicerie peut proposer.

Quels sont les projets de l’épicerie solidaire ?

Actuellement, nous ouvrons l’épicerie uniquement le jeudi de 8 h 30 à 17 h, et nous pouvons accueillir 25/30 familles.

Si nous avons de plus en plus de demandes, nous ouvrirons une deuxième journée. Nous avons réussi à le faire l’année dernière pendant le premier confinement. Nous sommes en capacité d’accueillir de nouvelles familles.

C’est le propre du travail social d’être réactif et de pouvoir s’adapter aux situations difficiles voire urgentes.

Bénéficiez-vous régulièrement de dons d’entreprises locales Bordelaises ?

Honnêtement, il y a quelques années, j’en ai eu mais ces dernières années beaucoup moins. On avait des magasins locaux qui nous faisaient des dons, mais depuis 3 ans nous n’en avons plus du tout. Cela pose problème, car avoir des dons nous permet de faire attention à notre budget et les dons permettent de varier les produits auprès des bénéficiaires.

Les dons permettent une variable positive sur nos stocks ; proposer plus et plus longtemps aux bénéficiaires.

Quels sont les produits les plus importants quand on vous fait des dons ?

Les produits non-alimentaires sont très intéressants, parce qu’ils peuvent être stockés mais aussi, car il y a un VRAI besoin. C’est très important pour nous dans l’épicerie d’avoir des produits d’entretien et d’hygiène à proposer, car ce sont des produits très chers mais indispensables pour nos bénéficiaires !

L’hygiène, c’est primordial ! Ces produits permettent aux bénéficiaires de ne pas rester enclavés et donc de les encourager à sortir, à chercher du travail, ou même simplement de se sentir bien psychologiquement ce qui est crucial quand on est dans une situation de précarité.

La précarité ce n’est pas seulement manquer d’argent à la fin du mois, c’est aussi ne pas avoir de logement (ou un logement dégradé), être hébergé, avoir des problématiques de santé et d’hygiène.

Nous menons actuellement avec regleselementaires.com (Dispositif national) une action de collecte de protections hygiéniques pour les femmes, pour redonner, car budgétairement c’est très lourd. Nous avons un bac de collecte placé à l’entrée du CCAS et un autre dans la Pharmacie Combeuil (Avenue de l’Église Romane).

Comment s’est passé la collecte entre Agap’pro et l’Epicerie Solidaire ? Nous sommes ravis d’avoir réalisé cette collecte pour le Comptoir, comment pourrions-nous continuer à collaborer ensemble ?

Nous avons énormément apprécié votre approche, car nous n’avons pas l’habitude d’avoir des propositions de ce type-là par les entreprises. C’est toujours important et agréable, d’avoir des entreprises qui ont une démarche sociale et solidaire.

Nous sommes des petites structures, nous avons besoin de réactivité et de rapports faciles, car nous n’avons pas le temps de répondre à des cahiers des charges, etc… Ce qui nous intéresse, c’est aussi de travailler avec des entreprises de proximité.

Nous sommes toujours motivés pour coopérer avec des entreprises locales, tout est à construire bien sûr, mais nous avons la volonté.

Collaborer ensemble, c’est d’abord se connaître. Connaître ses intentions et avoir une volonté commune. Cela peut se traduire par des actions simples et régulières, créer un partenariat ensemble. Le don est très important, mais l’action humaine a aussi une grande importance pour nous. Le bénévolat reste le principe de notre CCAS.

Cette interview a été réalisée le 15 avril 2021 au CCAS d’Artigues-Près-Bordeaux en collaboration avec Monsieur Gérard BOISSIERAS. Vous pouvez également consulter notre article sur la collecte de dons, en cliquant ici.

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