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INTERVIEW DE NOTRE ADHÉRENT – EHPAD DE BELLE-CROIX VEUVES DE GUERRE

De janvier à mai 2024, nous avons testé notre méthode de lutte contre le gaspillage alimentaire dans un de nos établissements : l’EHPAD Belle-Croix Veuves de Guerre à Floirac. Ce projet a été un succès, grâce à l’implication de l’ensemble du personnel de l’établissement, des résidents mais aussi de nos équipes internes Agap’pro.
Interview réalisée entre Mme Etienne (Directrice de l’EHPAD Belle-Croix), Mme Perret (Gouvernante de l’EHPAD) et Inès (Responsable communication et marketing chez Agap’pro).
Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu de vous, de vos expériences, de vos métiers ?
Madame Etienne : Mon parcours a débuté dans la grande distribution, puisque j’y ai passé une dizaine d’années. J’ai fait mon stage de master dans une grande enseigne, et ils m’ont offert un poste après mon diplôme. J’ai exercé pendant quelques années à un poste qui avait des possibilités d’évolution, mais pour moi, ce n’était pas une fin en soi. J’ai notamment eu la possibilité de prendre la direction d’un petit supermarché à l’étranger au Portugal, mais j’ai refusé, parce que j’étais un peu jeune… Je me suis reconvertie à 28-29 ans après quelques années dans la grande distribution.
Cela fait maintenant 17 ans que j’ai pris la direction de l’EHPAD Belle-Croix, je suis arrivée en juin
Mon père était directeur d’établissement, donc je connaissais bien ce milieu. Il y avait un beau projet de restructuration ici, ce qui m’a beaucoup intéressée et m’a donné l’envie de me lancer.
Mme Perret, pourriez-vous nous parler un peu de vous également ?
Madame Perret : J’ai réalisé un CAP Secrétariat puis j’ai élevé mes enfants mais après le troisième, j’ai repris le travail et suis allée dans la grande distribution pendant une dizaine d’années également. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Mme Etienne avec qui j’ai tissé des liens professionnels solides. Cela fait maintenant 24 ans que nous travaillons ensemble, dont 14 ans au sein de l’EHPAD Belle-Croix.
Je n’ai pas très bien vécu le départ de Mme Etienne de la grande distribution, elle est donc venue me proposer le poste de Gouvernante pour l’établissement, mais je ne connaissais rien à ce métier. J’ai effectué un essai pendant 6 mois en apprenant beaucoup sur le tas et en réalisant quelques formations, notamment en hygiène, ce qui m’a permis de rester et de signer mon contrat. Je suis arrivée à l’EHPAD en 2010, c’est un beau parcours, je ne le regrette pas !
Madame Etienne qu’est-ce qui a fait que votre choix s’est porté sur Mme Perret pour le poste de gouvernante ?
Madame Etienne : Je l’ai recrutée alors que j’étais enceinte. Je lui ai présenté le poste, expliquant que j’avais confiance en elle. C’était la création d’un poste de gouvernante, qui n’existait pas avant. J’avais besoin de quelqu’un sur le terrain. J’avais travaillé dix ans avec Isabelle, et j’avais beaucoup apprécié sa façon de travailler. Alors je lui ai dit que j’avais besoin d’elle, qu’il me fallait quelqu’un qui dirige les équipes. Je lui ai proposé de ne plus travailler les week-ends et les jours fériés, d’avoir les horaires qu’elle voulait et d’avoir un poste à responsabilités. Et en plus, un poste à qualification puisque je lui ai proposé de passer le diplôme de gouvernante. Je connaissais très bien Isabelle, je savais comment elle était au niveau du travail, que c’était quelqu’un de fidèle, consciencieuse et profondément humaine.
Comment décririez-vous vos démarches environnementales au sein de l’établissement ?
Madame Etienne : Nous avons déjà mis en place pas mal de choses pour le quotidien des salariés et des résidents de l’EHPAD.
Nous utilisons des gobelets réutilisables afin de ne plus consommer de gobelets en plastique ou carton, et donc générer moins de déchets.
Nous faisons également un gros travail de dématérialisation au service comptabilité et aux ressources humaines afin de limiter nos impressions au strict nécessaire.
Nous avons aussi remplacé des équipements pour les rendre plus économes en énergie, comme l’utilisation des LED. On essaie de regarder un peu partout ce que l’on peut faire, malheureusement on ne peut pas tout faire d’un coup….
En tout cas, vous engager dans cette lutte contre le gaspillage alimentaire dans votre établissement, c’était un second pas. Qu’est-ce que ce projet a apporté à vos équipes, à vos résidents ? Vous avez peut-être remarqué des comportements différents venant d’eux ?
Madame Perret : Il a fallu expliquer aux résidents l’importance de réduire les portions pour éviter le gaspillage. Au début ils ne comprenaient pas pourquoi on en mettait un petit peu moins dans les assiettes. Mais une fois qu’on leur a expliqué correctement, ils ont bien compris et ont accepté d’être resservis si nécessaire.
Comme pour le pain, lorsque je suis arrivée ici, c’était deux ou trois tartines de pain par résident tous les midis et tous les soirs. Aujourd’hui, s’ils sont quatre, on leur met quatre tartines de pain et si besoin on redistribue lorsqu’on repasse avec le chariot. On le garde en boite fermée et on sert à la pince, individuellement.
Et sur l’ensemble des équipes ? Quel est le retour de ce projet ?
Madame Perret : Au début cela a été difficile, parce que mes équipes avaient du mal à comprendre qu’on réduise les portions de tout le monde, y compris des résidents qui mangent beaucoup. Mais on en a discuté et on leur a bien expliqué qu’on les resservirait si besoin.
Ensuite tout le monde a compris l’enjeu qu’il y avait.
Et sur l’intérêt de trier les déchets également ?
Madame Perret : Ça ne les a pas gênés du tout, au contraire. Le tri des déchets a été bien accueilli par les équipes et on a eu de bons retours là-dessus.
J’apprécie que cette pratique soit maintenue, parce que visuellement ça impacte plus que lorsque c’est sur le chariot. Et puis, les salariés débarrassent également ce qu’ils ont consommé, donc lorsqu’on vide une assiette à moitié pleine dans les bacs, on n’est pas très fier ! Ça peut susciter un certain malaise, je pense qu’il y a un enjeu éthique assez intéressant.
Et du coup, que pensez-vous des chiffres qu’on vous a annoncés ? Par exemple, la première semaine, quand vous avez reçu les chiffres, quelle a été votre réaction ?
Madame Etienne : Pour être très honnête, j’étais très en colère. Je n’étais pas préparée à cela car on ne s’imagine pas jeter autant.
Quand j’ai vu les premiers résultats, j’étais vraiment furieuse et notamment contre les équipes, car je pensais que c’était en partie leur faute, une sorte d’inconscience de leur part, que ce soit dans la production ou dans d’autres aspects. Mais ensuite, vous m’avez expliqué que ce n’était pas forcément la faute des équipes si nous avions tant de déchets. Cela m’a permis de mieux comprendre la situation, et d’aborder les choses différemment. Nous avons encore des progrès à faire, mais les résultats sont déjà encourageants pour une première expérience.
Est-ce qu’il y a des choses qui ont été mises en place ces derniers mois que vous souhaiteriez garder ?
Madame Etienne et Madame Perret : Nous allons continuer le tri des déchets avec notre îlot de tri, et mettre en place également un composteur. Nous nous servirons du compost pour le jardin de l’EHPAD, mais nous permettrons aussi aux familles des résidents de pouvoir se servir, s’ils le souhaitent.
Nous souhaitons réaliser des pesées à chaque trimestre afin de réaliser un bilan tous les ans, et ainsi réduire un peu plus chaque année notre quantité de déchets. Pour mieux suivre l’état de nos stocks, nous réaliserons aussi des inventaires plus réguliers et nous tiendrons en cuisine un fichier de suivi des stocks.
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