COMPRENDRE LES BESOINS NUTRITIONNELS DES PERSONNES ATTEINTES DE TROUBLES COGNITIFS

par | 5 août 2025 | Actualités, L'actu

Les troubles cognitifs, tels que la maladie d’Alzheimer, les démences ou certains troubles neurodéveloppementaux, affectent des millions de personnes dans le monde.

Au-delà de la mémoire et du comportement, ces troubles ont un impact direct sur l’alimentation. Comprendre les besoins nutritionnels spécifiques de ces personnes est essentiel pour préserver leur santé, leur autonomie et leur qualité de vie.

Des besoins physiologiques inchangés… mais des enjeux importants

Sur le plan purement physiologique, les besoins nutritionnels des personnes atteintes de troubles cognitifs ne diffèrent pas forcément de ceux des personnes du même âge. Mais les conséquences de la maladie (perte d’appétit, troubles de la déglutition, oublis fréquents, perte d’autonomie) rendent l’accès à une alimentation équilibrée beaucoup plus complexe.

La malnutrition est ainsi une complication fréquente, avec des conséquences graves : perte de poids, fonte musculaire, affaiblissement du système immunitaire, ou encore aggravation des troubles cognitifs eux-mêmes.

Des difficultés alimentaires multiples

Les troubles cognitifs peuvent affecter l’alimentation à plusieurs niveaux :

Perte d’appétit ou modifications du goût

Les personnes atteintes de troubles cognitifs peuvent ne plus ressentir la sensation de faim comme auparavant. Par ailleurs, leur perception des saveurs peut changer : des aliments qu’elles appréciaient autrefois peuvent devenir désagréables, voire être refusés systématiquement. Cette modification peut entraîner une réduction de l’apport alimentaire, favorisant la perte de poids et la dénutrition.

Oublis fréquents

Les troubles de la mémoire impactent directement la régularité des repas. Il arrive que la personne oublie de manger ou de boire, parfois sur plusieurs repas d’affilée. Ce manque de repères peut fragiliser davantage son état général et compliquer la gestion de son alimentation au quotidien.

Troubles de la déglutition (dysphagie)

La dysphagie est un problème courant chez ces convives. Elle se traduit par une difficulté à mâcher ou avaler les aliments normalement. Ce trouble augmente le risque de fausses routes, ce qui peut provoquer des infections pulmonaires graves comme des pneumonies.

Difficultés motrices ou de reconnaissance

Certaines personnes peuvent perdre leur habileté à manipuler les couverts ou à coordonner leurs gestes pour manger. D’autres ne reconnaissent plus les aliments posés devant elles, ce qui génère de la confusion ou du refus. Ces difficultés peuvent rendre le repas long et frustrant, affectant le plaisir et l’autonomie.

Comportements alimentaires inadaptés

On observe parfois des comportements alimentaires atypiques : refus total de s’alimenter, grignotages incessants et compulsifs, ou une sélectivité extrême qui limite drastiquement les choix alimentaires.

Adapter l’alimentation au quotidien

Face à ces défis, plusieurs stratégies peuvent être mises en place :

  • Des repas réguliers et ritualisés, dans un environnement calme, rassurant et familier.
  • Des textures adaptées en cas de troubles de la mastication ou de la déglutition (aliments mixés, moulinés, hachés ou enrichis).
  • Un accompagnement bienveillant pendant les repas, pour guider sans infantiliser.
  • Des aliments riches en énergie et en nutriments, surtout en cas de perte de poids ou d’appétit (collations, enrichissement en protéines, apports caloriques concentrés).
  • La stimulation des sens : odeurs appétissantes, présentation colorée, plats favoris pour éveiller le désir de manger.
  • La surveillance de l’hydratation, souvent négligée mais primordiale.

Le rôle essentiel de l’entourage et des professionnels

Familles, aidants, soignants, diététiciens : tous ont un rôle à jouer pour garantir une prise alimentaire suffisante et adaptée. L’écoute, l’observation et l’adaptation permanente sont les clés d’un accompagnement réussi. Un suivi nutritionnel régulier permet également de prévenir ou de corriger la dénutrition à temps.

 

Les troubles cognitifs rendent l’alimentation difficile, malgré des besoins nutritionnels similaires. Adapter les repas et assurer un accompagnement attentif sont essentiels pour prévenir la malnutrition et préserver le bien-être. Manger doit rester un moment de plaisir et de lien.

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